Le Canapé Rouge
Après avoir reçu la sélection du Livre Inter 2008, j'ai commencé par Le Canapé Rouge de Michèle Lesbre (Sabine Wespieser - Editeur - 2007).
Anne, la narratrice, prend le Transsibérien pour retrouver un ancien amant, Gyl, au bord du Lac Baïkal. En parallèle, elle revient sur sa relation avec une vieille voisine, Clémence, à qui elle fait régulièrement la lecture. Clémence semble atteinte de la maladie d'Alzheimer, même si le diagnostic n'est jamais posé dans le livre. A mesure que le train s'approche de sa destination, Anne se détache de Gyl, et ne l'attend même pas quand elle apprend qu'il est en voyage avec sa femme. Anne rentre à Paris, pour y apprendre la mort de Clémence.
C'est un livre sur le désir. C'est un livre sur la désillusion : désillusion de la relation avec Gyl, désillusion aussi sur le communisme (ce n'est pas pour rien que ça s'appelle Le Canapé Rouge et que ça se passe en grande partie en Russie).
Le sujet ne m'a pas intéressé, mais l'écriture est belle. On remerciera aussi l'auteur(e) de s'en être tenue à 150 pages.
Je me demande s'il ne faut pas voir certains clins d'oeil littéraires : le long voyage en train fait beaucoup penser à La Modification de Michel Butor. De même , p.17 : "La plupart du temps je m'éveillais très tôt, à l'aube naissante" fait curieusement écho au "Longtemps je me suis couché de bonne heure" du brave Marcel Proust.
Parfois, la narration semble brouillée (ou alors c'est moi qui avait les neurones à plat) : mélange des lieux, des personnages, et des temps (au sens chronologique, rien à voir avec la conjugaison). Un peu trop de citations pour moi (mais la narratrice fait la lecture à sa voisine).
Au final un livre bien écrit, pas follement passionnant à mon goût (mais ce n'est que mon goût), parfois sur le fil du "boboïsant" (sans toutefois y tomber). On est naturellement tenté de vouloir supprimer le mot roman, car c'est écrit à la première personne du singulier, que l'auteur ne semble pas être de droite et qu'elle vit à Paris.
Mise à jour du 29/04/2008 : interview de l'auteur sur France Inter.


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