Le boulevard périphérique
Avant-dernière lecture pour le prix du Livre Inter 2008, Le boulevard périphérique, de Henry Bauchau (Actes Sud - 2008).
Le boulevard périphérique, c’est le chemin quotidien du narrateur qui va visiter Paule, sa belle-fille, à l’hôpital où elle se meurt d’un cancer. Terrible épreuve, qu’il emprunte les transports en commun ou se serve de sa voiture. Cette situation entre la vie et la mort ravive chez le narrateur le souvenir du décès de deux autres personnes, quarante années plus tôt.
La mort de Stéphane tout d'abord, ami du narrateur, quasi-amant platonique, qui l'initie à la varappe et qui sera exécuté pour des faits de Résistance par le nazis dans les Ardennes belges. La mort de Shadow ensuite, le chef des nazis qui ont tué Stéphane, personnage presque mythique.
Tout cela pourrait brouiller le récit et au début on a cette sensation confuse. Puis on entre dans le monde de Henry Bauchau, d'une dignité et d'une générosité immenses et tout en retenue. C'est un livre sur la mort, l'amitié, les relations familiales, qui va du quotidien (une batterie à plat) au plus élevé (proximité des vivants avec les morts, peur de la mort... etc ...)
Le boulevard périphérique, pour peu qu'on prenne la peine de trouver la bonne porte (ah ! ah ! ah !) est une oeuvre d'une grande richesse, remarquablement bien écrite, qui donne le sentiment que l'auteur-narrateur s'adresse à chaque lecteur en particulier.
Un roman-essai très réussi, dans lequel Henry Bauchau montre qu'entre révolte et résignation, il subsiste la possibilité de la réconciliation.


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