dimanche 3 avril 2011

L'aïeul

De Théophanis, l'arrière-grand père du narrateur, il reste une photo, prise à l'occasion d'un mariage. Elevé par son père, le capétan Photinos, brigand en lutte contre le pouvoir central grec, Théophanis va, mi-brigand, mi-Moïse, créer une communauté villageoise agricole dans la région d'Athènes.

Dureté de la vie, oppression des gros propriétaires terriens, ruse de l'Etat central, qui passe de la baïonnette au papier, Aris Fakinos nous livre un portrait lyrique intense et sublime d'une Grèce loin des marbres, des statues et des temples. Une Grèce de la rocaille, de l'aridité, de la solidarité entre gens de peu. Une Grèce qui se meurt, gagnée par la télévision, la corruption et l'urbanisation tentaculaire d'Athènes, ville-monstre qui dévore les oliviers, si longtemps défendus par les paysans, qui les avaient plantés pour ne plus avoir à subir l'humiliation de la récolte des pauvres sur les champs des notables.

Encore un livre d'Aris Fakinos ? Oui ! L'un des plus aboutis peut-être, par sa densité, sa sincérité (ce n'est pas un roman), et sa force simple.

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