vendredi 22 janvier 2010

La chute ou l'empire de la solitude.


Non, je ne fais pas une fixation sur le thème de la chute. Le hasard a fait qu'après La chute d'Hypérion, c'est le foisonnant livre de Dominique de Villepin qui m'est venu dans les mains.

Et c'est une bonne chose. Ce ouvrage, fort bien documenté, enrichi d'une solide bibliographie, est conduit brillamment suivant un plan à la fois chronologique et thématique particulièrement soigné.

On connaît l'histoire et sa fin, mais il n'empêche, la mise en scène est habile, les personnages superbement dépeints : l'Empereur, bien sûr, mais aussi Fouché, Talleyrand, Koutouzov, Ney, Murat, Metternich et Marmont dans le rôle du traître. Sur fond de guerre d'Espagne et de campagne de Russie, il est question de la solitude du politique face au conservatisme et aux duplicités avec l'idée que «le temps du pouvoir n est jamais celui de la postérité».

Un très bel ouvrage, qui montre bien qu'après 1807 Napoléon est plus empereur que général (ce qu'il redeviendra durant la campagne de France, puis lors des Cent Jours). DDV insiste aussi, à raison, sur les effets d'une guerre qui est devenue une guerre de conquête et d'oppression, alors qu'elle a débuté comme guerre de défense (et d'ailleurs la campagne de France retrouve ce souffle de guerre nationale, même si l'état des armées ne pouvait guère faire illusion).

Un ouvrage majeur pour qui veut apprécier l'épopée napoléonienne dans sa complexité et ses contradictions, servi par une plume brillante et alerte. Un ouvrage qui, bien sûr, dessine en creux le portrait idéal de "l'homme d'Etat".


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