L'étoile du matin

Prix Goncourt en 1959, André Schwarz-Bart avait décidé de ne plus publier depuis 1972.
L'étoile du matin est une oeuvre posthume, avec une introduction de la veuve de l'auteur qu'il ne faut surtout pas passer.
Le livre s'ouvre en enquête historique, avec une jeune chercheuse dans les archives du mémorial de Yad Vashem. Puis, très vite, il se transforme en conte, en fable, en récit quasi-mythique. Sauf que, petit à petit, il va falloir raconter l'horreur. Et on sent bien que les mots manquent pour raconter l'horreur et l'enfer.
Avec Haïm, le petit juif de Podhoretz, qui va survivre aux pogroms, au ghetto de Varsovie et à Auschwitz en jouant de la flûte, la musique occupe une place centrale. D'abomination en horreur, de catastrophe en cauchemar, d'absurdité en tragédie, surnage une indéfectible foi en la vie, en cet amour qui permet à une femme et à un homme de donner naissance à un enfant.
Enfin, et au-delà du récit singulier sur la Shoah, l'auteur se pose la question de savoir si un écrivain écrit pour être publié. André Schwarz-Bart avait répondu pour lui par la négative. Néanmoins, sa veuve a eu la bonne idée de publier ce texte superbe, où chaque mot a été soigneusement pesé et médité. Sans doute un des ouvrages majeurs de l'année 2009.


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