dimanche 7 août 2011

Le pape doit mourir

La première édition de cette retentissante enquête de David Yallop avait été publiée en 1984, s'était vendue à plusieurs millions d'exemplaires, et était épuisée depuis longtemps.

On saluera ainsi cette édition revue et augmentée, qui, malgré quelques redites et coquilles d'imprimerie, est l'occasion de revenir sur la mort d'Albino Luciani - Jean-Paul 1er, pape durant 33 jours en 1978.

David Yallop n'a au final qu'une seule certitude, celle que Jean-Paul 1er a été assassiné. Mais sur l'auteur ou les auteurs de ce crime, s'il n'est pas sans réponse, il ne tranche pas définitivement. On a même le sentiment qu'entre les différentes thèses qu'il expose, sa préférence va à une solution commune qui arrangeait tout le monde.

Yallop dresse le portrait d'Albino Luciani, un conservateur qui sentait la nécessité de s'ouvrir pour l'Eglise, un homme d'aspect chétif qui cachait une main ferme dans sa gestion, notamment au patriarcat de Venise. Il dresse surtout le portrait d'un homme qui, au delà du "pape qui sourit", avait la ferme intention de réformer en profondeur "Vatican Enterprise SA", véritable usine bancaire à recycler de l'argent louche. 

Alors, entre mafia, intérêts financiers, loge P2, et réticences à une reprise en main après le pontificat terne de Paul VI, il est difficile de choisir. 

Yallop est cependant convaincant, il reste au final peu de doutes, Jean-Paul 1er a été assassiné.

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