Retour à Killybegs
Finaliste malheureux avec Mon traître du Prix du Livre Inter en 2008 (il avait été battu d'une voix, celle du Président du Jury, par Henri Bauchau avec Le Boulevard Périphérique), Sorj Chalandon nous est revenu à la rentrée littéraire de septembre (oui, j'ai du retard...) avec ce Retour à Killybegs, qui a obtenu un très mérité Grand Prix du Roman de l'Académie Française.
Plus qu'une suite à Mon traître, Retour à Killybegs est l'histoire depuis le point de vue du traître. L'histoire de l'Irlande du XXème siècle, l'histoire de l'IRA (sans occulter la position trouble de l'IRA face au nazisme), l'histoire de l'oppression, l'histoire des dérives, et enfin l'histoire du traître, Tyrone Meehan, qui trahit entre lassitude de la guerre, volonté d'avancer, confort matériel...
Meehan, héros républicain adulé et respecté, a plus de 80 ans lorsqu'on apprend qu'il a trahi la cause républicaine depuis près de 25 ans. Il se retire à Killybegs, en République d'Irlande, berceau de sa famille, et il attend que la mort arrive, violente ou pas. Il a le faux espoir que le processus de paix le protégera, que ses anciens compagnons d'armes comprendront. C'est sans compter avec les scissions multiples du mouvement armé irlandais, entre partisans d'un compromis, et volontaires qui ne vivent que par la guerre.
Chalandon s'interroge et nous interroge : qu'est ce qu'un héros, un traitre, un lâche, en période de guerre ? Est il possible ne rien choisir ?
Joliment construit, admirablement écrit, dense, épuré, ce roman de Sorj Chalandon est à mettre en toutes les mains.



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