samedi 21 juillet 2012

La chute du British Museum

Troisième roman de David Lodge, La chute du British Museum est, sinon le premier, du moins le plus ancien publié en français (les deux premiers romans de Lodge ne sont, à ce jour, pas publiés en français).

Bien antérieur à la fameuse trilogie universitaire, ce roman est peut-être l'un des plus aboutis du britannique. 

Adam Appleby thésard en littérature, a du mal à finir sa thèse. Il est marié, avec Barbara, et a déjà trois enfants : Clare, Dominic, et Edward (A-B-C-D-E). Catholiques pratiquants ("Adam de la Pomme"...), ils vivent dans la crainte d'avoir un quatrième enfant, puisque refusant la contraception, et les méthodes naturelles de l'Eglise les ayant systématiquement conduits au résultat inverse de celui espéré.

Adam Appleby démarre donc sa journée la peur au ventre : la peur de ne pas réussir à finir sa thèse, la peur de voir sa bourse fondre et d'être incapable de subvenir aux besoins de sa famille, la peur enfin de voir celle-ci s'agrandir encore.

Mais ce côté catholique de l'histoire est très vite dépassé par la peinture d'un petit monde de doctorants ridicules, fainéants, avec notamment le portrait du principal ami d'Adam, Camel, thésard professionnel depuis des lustres et qui n'a toujours pas écrit la moindre ligne de sa thèse, consacrée... aux sanitaires dans les romans victoriens. 

Le journée d'Adam va donc se résumer à une succession d'aventures, toutes plus loufoques les unes que les autres, pendant lesquelles on s'amuse à constater qu'Adam ne fait pour ainsi dire rien, mais subit le cours des événements.

Truffé de références littéraires (on reconnaitra notamment Virginia Woolf, Lawrence, Joyce, Kafka), c'est un roman dense (moins de 250 pages), savamment construit (unité de temps, de lieu, et d'action), servi par une traduction de qualité.

La meilleure entrée en matière sans doute dans l'oeuvre de David Lodge.


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