dimanche 6 février 2011

Dieu, Shakespeare et moi

Entre pastiches, aphorismes et courtes scènes de théâtre, Dieu, Shakespeare et moi, de Woody Allen, est un court recueil à mettre en toutes les mains.

Humour absurde, totalement loufoque, on relèvera notamment Une exégèse littéraire, critique littéraire totalement barrée au sujet de deux poètes irlandais imaginaires, mais aussi Call culture, une nouvelle policière où les call girls ne vendent pas leur corps, mais leur conversation philosophique, et le délirant Si les impressionnistes avaient été dentistes, biographie imaginaire d'un Van Gogh qui aurait préféré l'orthodontie à la peinture.

Quelques aphorismes pour se mettre en bouche :

"Le lion et l'agneau partageront la même couche, mais l'agneau ne dormira pas beaucoup."

"Les méchants ont sans doute compris quelque chose que les gentils ignorent."

"Mon Dieu ! Mon Dieu ! Qu'as tu fait la semaine dernière ?"

"Idée de nouvelle : une tribu de castors s'empare du Metropolitan Opera et y interprète Wozzeck (Grand sujet, comment le développer ?)."


Questions à mon père

Eric Fottorino a deux pères : Michel, celui qui l'a choisi et l'a adopté à l'âge de 10 ans et Maurice, son père biologique qu'il a vu pour la première fois à l'âge de 17 ans.
C'est à la mort de Michel, qu'Eric Fottorino va (re)découvrir Maurice, au gré de lettres, mails et rencontres. Par petites touches, les liens se tissent, la compréhension affleure. Il faut faire vite, Maurice est malade.

Essai remarquablement bien écrit, parfois poétique, avec une pépinière de jeux de mots bien trouvés, le livre d'Eric Fottorino est un récit pudique et douloureux, entre recherche exaltée pour recoller les pièces d'un puzzle éclaté par l'antisémitisme catholique de la France des années 60, et questions sur le silence sourd des années d'absence.

Court, le récit gagne en crédibilité : Eric Fottorino s'en tient à l'essentiel, sans fioritures. Un bon moment de lecture.