samedi 1 mai 2010

Le Saint-Graal


Cet opusculaillon de Sangeet Duchane, ancienne avocate reconvertie dans les recherches historico-ésotériques, publié aux éditions Evergreen, est particulièrement raté, à l'exception de sa présentation dans un joli petit format, et de la qualité des illustrations, variées et bien choisies. Mais pour ce qui est du texte, c'est une catastrophe. Approximations, raccourcis, contresens, erreurs impardonnables, c'est assez navrant de nullité. Il faut peut-être se garder de blâmer l'auteur et d'en vouloir à la traductrice, car franchement, confondre Mérovingiens et Carolingiens, quand on se pique de causer d'histoire médiévale, ça ne fait pas le plus bel effet.

Il s'agit d'un ouvrage sans doute écrit dans le sillon de la mode du Da Vinci Code, et c'est à peu près aussi nul et fantaisiste. Il manque une bibliographie, même sommaire.

Il aurait été sans doute plus intelligent de simplement publier les récits médiévaux autour du Graal, et de les présenter et commenter, plutôt que d'infliger ce blabla ésotérico-conspirationniste. Bien dommage car il s'agit d'un beau petit livre.

Nous avions un rêve


Attention, ce livre n'est pas un thriller, comme le laisse penser la collection (Rivages Thriller) dans laquelle il est publié. Pour autant, Nous avions un rêve, de Jake Lamar est un livre époustouflant. Publié en 1996 il s'avère même en grande partie prophétique.

L'histoire en deux mots :
Les Etats-Unis, dans une époque pas éloignée de la nôtre, sont devenus un pays ultra-conservateur, où la peine de mort est en vigueur à peu près dans chaque état, et où la pendaison est devenue le mode d'exécution unique (car plus économique et simple que l'injection ou le gaz). L'Attorney général (le ministre de la Justice), Melvin Hutchinson, est un Noir qui est le symbole de cette politique dure. Il est en passe de devenir le premier vice-président noir, par nomination du Président. Il est surtout l'initiateur, croit-il, de camps de rééducation pour mineurs et drogués, derrière les murs desquels il se passerait bien des choses.

Le livre est un portrait. Un portrait d'une Amérique multi-culturelle, certes, mais qui ne se mélange pas. Au travers de trois histoires liées par des liens familiaux, Lamar montre l'Amérique dans tous ses excès : le racisme, la violence, la peine de mort, les camps de redressement.

Un grand livre, quasi-sociologique, servi par de longues digressions particulièrement soignées.