dimanche 30 août 2009

La quatrième forme de Satan

Polar flamand. Avec pour décor et principal sujet : la ville de Bruges.

Cette quatrième enquête traduite en français du commissaire Van In et de son adjoint Versavel, a pour trame une série de meurtres dans le milieu sataniste de la ville belge.

C'est surtout un prétexte pour l'auteur pour décrire sa ville, sa bourgeoisie corrompue (un petit air de Chabrol), avec humour, avec une pique contre le gouvernement fédéral.

Ce n'est pas le roman du siècle, c'est un peu attendu en fait, mais ça reste un bon polar agréable sur la plage. Une description plus pointue des milieux satanistes et extrémistes n'aurait sans doute pas nuit au récit.

lundi 24 août 2009

Hypérion

Je lis rarement de la science-fiction. En dehors d'Arthur C. Clarke, de Philip K. Dick, et de H.P. Lovecraft (mais Lovecraft c'est plus du fantastique que de la SF), je n'y connais pas grand chose.

Ce livre traînait dans ma bibliothèque depuis une bonne dizaine d'années. Alors profitant des longs congés estivaux de 2009 je m'y suis mis.

Et globalement, je ne suis pas déçu.

Un bref résumé de l'histoire :

Au XXVIIIème s., l’Hégémonie, la confédération des planètes colonisées par l’Homme, est menacée. Les Extros, un groupe d’humains rebelles qui a fondé une nouvelle civilisation dans l’espace, semblent préparer l’invasion de la planète Hypérion. Pendant ce temps, sur cette même planète, les mystérieux Tombeaux du Temps sont en train d’entrer en phase avec le présent. Dès qu’ils seront ouverts, ils libéreront le Gritche, un colosse de métal dont certains prétendent qu’il est un dieu sanguinaire, venu pour faire expier aux humains leurs péchés.

La Présidente de l’Hégémonie, Meina Gladstone, craint que les Extros ne s’emparent des Tombeaux du Temps et ne les utilisent à des fins stratégiques après avoir percé leurs secrets. Elle décide donc, sur les conseils des Intelligences Artificielles, d’envoyer sept pèlerins sur la planète Hypérion afin qu’ils y rencontrent le Gritche et empêchent les Tombeaux du Temps de s’ouvrir. Mais la légende du Gritche raconte que sur les sept pèlerins qui parviendront aux Tombeaux du Temps, six seront sacrifiés au Gritche, tandis que le dernier survivant, l’Élu, devra formuler un vœu qui sera alors exaucé. Les sept pèlerins, aux motivations et aux origines très différentes, vont devoir tout d’abord mieux se connaître en se racontant à tour de rôle leurs parcours de vie et en expliquant à leurs compagnons ce qui les lie secrètement au Gritche.


Hypérion ne raconte pas la rencontre avec le Gritche (ce sera dans la suite, La chute d'Hypérion, qui traîne également dans ma bibliothèque depuis autant de temps). C'est un roman essentiellement composé de six récits (un des pèlerins disparaît avant d'avoir pu raconter le sien). Et ces six récits offrent à l'auteur la possibilité d'explorer des styles différents. Toutefois le roman est aussi l'histoire du voyage des pèlerins sur Hypérion, et là le style devient plus neutre, plus commun.

Dan Simmons a créé un univers complexe, à la fois mystique et technologique. Le récit est pointu, et, pour un livre écrit en 1988, certaines idées d'avancées technologiques nous paraissent presqu'actuelles et assez bien vues.

Sur les six récits, le lecteur se sentira sans doute plus en phase avec l'un deux. Autant le récit du Consul (qui semble être un peu le héros du roman) m'a un peu déçu, autant le récit du lettré (Sol Weintraub) est superbe. Le récit de la détective privée est également bien mené, mais laisse peut-être trop penser à un univers à la Blade Runner.

Au final donc, un excellent roman de SF, considéré par les amateurs comme une référence en la matière. Mais pour l'instant, pas le courage de m'atteler au second volume (La chute d'Hypérion).

A noter qu'en édition de poche, les deux volumes ont été coupés en deux, pour faire quatre livres (curieux car ce ne sont pas des très gros pavés).



mercredi 12 août 2009

Quitter le monde

Dans son précédent roman (La femme du Vème), Douglas Kennedy s'était risqué à toucher au fantastique et le résultat avait été plutôt moyen. En outre, le roman était sans doute trop tourné vers un lectorat français, qui laissait à lointaine distance la plume alerte de Kennedy pour nous parler de l'Amérique (ou de l'Australie, dans l'hilarant Cul-de-Sac, ré-édité récemment pour faire du pognon sous le titre Piège nuptial). Autant dire donc que c'est avec une petite appréhension que j'ai ouvert ce dernier roman.

Et je dois avouer une très bonne surprise. C'est pour moi le roman le plus abouti de Douglas Kennedy.

Mais un mot sur l'histoire d'abord :

Quitter le monde, c’est l’histoire de Jane Howard qui, le soir de ses 13 ans, annonce à ses parents déchirés qu’elle ne se mariera jamais et n’aura pas d’enfant.
Après de brillantes études à Harvard, durant lesquelles elle va être la maîtresse secrète de son directeur de thèse, Jane est un brillant professeur de littérature à Boston. Elle a rencontré l’amour et est mère d’une petite Emily. Trop beau pour durer. Le destin la frappe dans ce qu’il a de plus cruel pour une mère. Jane décide alors de se retirer du monde, mais ce monde va lui résister de façon provocante.

Douglas Kennedy revient donc à ce qui fait son intérêt : le roman d'une vie qui bascule, avec peut-être une accumulation de coups du sort un peu trop forte, mais comme le disent les gens de mer : "D'abord les emmerdements s'additionnent, ensuite ils se multiplient".

Ce livre est à la fois un road movie à travers l'Amérique du Nord, à travers la littérature américaine (pas mal de références pourront sembler obscures au lecteur français), mais aussi un tableau social de l'Amérique de ceux qui réussissent en partant de rien. On notera un certain hommage au système universitaire américain (récurrence du bureau de placement de Harvard). En revanche, les professeurs d'université en prennent pour leur grade (notamment sur la place des sponsors et de la gestion "business" des universités).

Je me suis toutefois posé la question de savoir si le nom que Douglas Kennedy a choisi pour le directeur de thése de la narratrice n'était pas un clin d'oeil. Il s'appelle David Henry, ce qui m'a fait penser, d'une part à David Lodge (qui a été prof. de fac) et à Henry James (dont Lodge est un spécialiste reconnu)...

Au final donc un excellent roman, très noir, à l'écriture alerte et fluide, plutôt bien traduit, avec la bonne dose de suspense qu'il faut pour ne pas le lâcher.

samedi 1 août 2009

Le lessiveur


Quand il ne dirige pas Le Point et qu'il ne fait pas son intéressant à la télé (Chez FOG, France 5 le week-end mais pas en été, parce que pendant les vacances les télés nous repassent leurs merdouilles en réserve), Franz-Olivier Giesbert publie des romans.

Celui-ci est noir. Mais pas trop quand même (ce n'est pas Izzo). Et il s'agit en quelque sorte de la suite d'un autre roman, l'Immortel. Mais on peut très bien se passer de lire l'Immortel pour lire le lessiveur. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait.

Bref. L'histoire se déroule à Marseille, où un tueur en série s'évertue à ne liquider que des individus ayant une affaire sordide à se reprocher. Et à le faire proprement, dans un souci d'hygiène impeccable (d'où le surnom et le titre du livre). L'enquête est menée par la commissaire Marie Sastre, sujette à des crises d'eczéma, et par Charly Garlaban (l'Immortel), ancien truand, tout cela sur fond de magouilles locales, de réseaux d'influence etc...

C'est très joliment écrit, avé des mots de Marseille itou. C'est relativement court et enlevé. L'intrigue ne sert que d'alibi à évoquer Marseille et les joies de la politique locale (à Marseille ou ailleurs), ainsi qu'à tenter de deviner qui pourrait se cacher derrière certains portraits (mais à qui donc fait penser ce directeur de la police qui a des tics de l'épaule et qui veut être devant sur la photo ???).

Un très bon moment de lecture, estivale ou pas.

Chez Flammarion Noir (19,90 €).

Journal d'un remplaçant





Cette BD en noir et blanc m'a été offerte tout récemment.

Je l'ai dévorée. C'est particulièrement réussi.

L'auteur, Martin Vidberg, est prof des écoles (instit). Et s'il est titulaire, il n'en est pas moins remplaçant. La BD est donc le journal d'une année de remplacements dans l'est de la France. Tous les personnages sont des patates (avec ou sans cheveux pour les différencier parce que bon). L'essentiel de l'année se déroule dans un établissement spécialisé avec des élèves particulièrement difficiles. C'est d'ailleurs le seul petit reproche que j'ai à faire sur ce livre : un petit peu dommage que l'essentiel de l'histoire se passe dans une école spécialisée. J'aurais bien aimé le voir à l'oeuvre dans une école "normale" (où les chaises volent moins mais où les parents sont plus pénibles que leurs gosses).

C'est édité chez Shampooing (Delcourt), pour le prix je ne sais pas, mais ça doit se trouver facilement.



L'agenda Icare


C'est l'été, alors pour rester dans le ton, j'ai relu ce livre qui m'avait été offert en 1992, et que j'avais un peu oublié. C'était d'ailleurs très bien comme ça.

Un mot sur l'histoire.

Une prise d'otages a lieu à l'ambassade américaine au Sultanat d'Oman. La situation est bloquée, quand un obscur Représentant américain (un député quoi) propose son aide au Département d'Etat pour libérer les otages. Cet Evan Kendrick a en effet longtemps travaillé dans la région d'Oman, et, outre sa connaissance du terrain, il tient aussi à se venger de l'homme qui est probablement derrière la prise d'otages, le "Madhi". Et comme il est tout costaud il va réussir presque tout seul son opération commando. Fin de la première partie.

La deuxième partie du roman se situe un an plus tard. Kendrick avait sollicité l'anonymat le plus absolu au Département d'Etat pour l'affaire d'Oman, et voilà que quelqu'un cafte. Pfff, tous pareils ces agents des "services"... Et son rôle de héros est révélé au public américain, et aux terroristes pour le même prix. Il n'aura alors plus qu'à choisir entre la mort et l'accession au pouvoir, puisque ceux qui ont révélé son rôle l'ont fait pour le propulser à la vice-présidence des Etats-Unis.

Alors, autant le dire, c'est un roman plutôt nul.
D'abord c'est très daté (1988, mais bon ce n'est pas la faute de l'auteur) : pas de téléphone portable, pas d'emails et positionnement GPS comme avec Jack Bauer. Le Kendrick, il fait plus penser au Commandant Sylvestre qu'à 24 H Chrono.
Ensuite, je pense que c'est plutôt mal traduit (ben oui, je l'ai lu en français). Un peu trop de répétitions de mots à mon goût.
Enfin et surtout, les scènes sont trop souvent ratées : on dirait que l'auteur a réalisé un film qu'il décrit pour un aveugle qui ne pourrait le regarder. En outre, pourquoi faut il toujours que le héros tombe amoureux au milieu d'une crise internationale ?

Bref, 800 pages ennuyeuses (moins que Philippe Sollers mais quand même), avec du bon sentiment patriotico-faussement critique qui dégouline de partout (un zeste de complot militaro-industriel, une pincée de conflit israëlo-arabe, et une grosse dose de gloire à la CIA).

En plus, c'est un peu lourd pour la plage (je l'ai lu dans une édition brochée)...